John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Bloomers le 16.04.08 11:08

JOHN MAYALL : The Golden Years (1963-74)

John Mayall est né le 29 novembre 1933 à Macclesfield. Son père, musicien de jazz, l’initie très jeune à la guitare et au piano. Il fréquente l’école des beaux-arts à Manchester, tout en passant de longues heures à imiter la musique de Muddy Waters, Elmore James ou Sonny Boy Williamson…

Appelé sous les drapeaux, il passe trois ans en Corée et en sort marqué à jamais. Redevenu civil, il gagne sa vie dans une agence de publicité, mais la musique, sa seule passion, le dévore. John Mayall monte alors son premier groupe sérieux : The Blues Syndicate. Son nouveau groupe est très rapidement remarqués dans les pubs de Manchester par Alexis Korner une autre grande figure du blues en Angleterre. Korner, très impressionné, conseille à Mayall de s’installer à Londres, si il veut continuer à vivre de sa musique.



En janvier 1963, Mayall s’installe donc dans la capitale et part à la recherche de musiciens pour former la première mouture de son groupe, qui aura pour nom,  « The Bluesbreakers ». Après de longues auditions, le bassiste John McVie, le guitariste Bernie Watson & le saxophoniste Nigel Stranger, sont retenus.

En avril 64 , John Mayall et ses Bluesbreakers signent avec Decca, qui publie dans la foulé "Crawling Up A Hill" et "My Baby Is Sweeter". Malheureusement, ces 2 singles passeront relativement inaperçus dans les hit-parades de l’époque, mais permettront au groupe de jouer dans les grands clubs de la capitale : tel que le Marquee, le Crawdaddy et surtout le fameux Klook's Kleek où ils décident d’enregistrer leur premier album "John Mayall Plays John Mayall".
Le guitariste Bernie Watson à déjà laissé sa place à Roger Dean qui la cède peu de temps après à Eric Clapton alors en partance des Yardbirds. Dès les premiers concerts, ce jeune guitariste prometteur semble prendre confiance en lui, il s’adapte parfaitement bien avec John Mayall, pourtant connu pour sa façon autoritaire de traiter ses musiciens.



A la fin du printemps 65, Andrew Oldham, manager des Rollling Stones et directeur du label Immediate, propose à John Mayall d’enregistrer le premier 45 tours des Bluesbreakers avec Clapton, avec Jimmy Page en charge de la production… Sur la première face figure "I’m Your Witchdoctor", une composition de Mayall et en face B "Telephone Blues", un blues lent, incandescent, annonciateur du style Clapton…

Malheureusement, Clapton se lasse très vite des concerts quasi quotidiens des Bluesbreakers… Début août 65, Clapton et son ami le pianiste Ben Palmer décident de former un groupe d’amateurs et de partir à l’aventure dans le sud. Evidemment, Clapton omet de prévenir Mayall de son départ, et les Bluesbreakers se retrouvent du jour au lendemain sans guitariste. En octobre 65, Clapton revient de son périple en Grèce complètement fauché, il rappelle Mayall et l’implore de revenir au sein de son groupe.

Voilà trois mois qu’il a quitté les Bluesbreakers et Mayall a bien essayé de le remplacer, mais aucun guitariste ne faisait vraiment l’affaire. Seul le dernier engagé semble prometteur. Il s’appelle Peter Green. Cela dit, John Mayall, trop content de l’aubaine n’hésite cependant pas une seconde à réintégrer Clapton… Fin novembre, les Bluesbreakers enregistrent un nouveau titre pour le label Immediate, "On Top Of The World", toujours sous la conduite de Jimmy Page. Le court solo en feedback de Clapton ne sauve pas un titre plutôt moyen qui, d’ailleurs, ne sera finalement pas édité en 45 tours…
Début 66, Mayall quitte Immediate suite à cet echec, pour retourner chez Decca Records qui publie pour l’occasion l’excellent single "Lonely Years"/"Bernard Jenkins".

Nous sommes en avril 1966 quand John Mayall décide finalement d’enregistrer un album complet dans les studios Decca de Londres. Il sera bouclé en 3 jours et sortira sous le nom de "Blues Breakers With Eric Clapton"


Cet album surnommé également "Beano" en raison de sa célèbre pochette, est d’une importance primordiale dans l’histoire du Blues Anglais… plus rien ne sera plus comme avant : il est vrai que jusqu’alors aucun musicien Anglais n’avait sonné comme cela sur disque. Eric Clapton s’est presque battu avec l’ingénieur du son pour obtenir le droit de jouer avec sa guitare « saturé à fond » en studio… Ecoutez la plage d’ouverture de l’album, "All Your Love", le classique d’ Otis Rush : un démarrage percutant et fluide… Clapton au sommet de son art…

Nous sommes fin 66 quand subitement Eric Clapton part pour de bon former Cream son premier groupe avec Jack Bruce et Ginger Baker… tout en omettant une nouvelle fois d’avertir son patron… John Mayall est une nouvelle fois abandonné, il rappelle alors Peter Green pour le remplacer… la transition Eric Clapton/Peter Green est loin d’être évidente, on ne remplace pas « Dieu » comme ça au yeux du public…



Heureusement "Hard Road", le 33 tours enregistré entre octobre et novembre 66 avec Aynsley Dunbar à la batterie et John Mc Vie à la basse, prouve indéniablement les talents hors norme de ce nouveau guitariste d’exception…

En avril 67 le batteur Mike Fleetwood intègre les Bluesbreakers… mais ne restera que le temps du single "Double Trouble", il est viré par Mayall à cause de son penchant immodéré pour l’alcool… Peter Green juge la sanction trop sévère et quitte à son tour le groupe, pour rejoindre le batteur. A deux, ils formeront la première mouture de Fleetwood Mac.



Incroyable ce John Mayall !!! En 1967, il part en croisade pour faire connaître le blues en l’Angleterre alors que le pays nage en plein trip psychédélique avec les Beatles en tête et leur fameux "Sgt Peppers". Pour cette mémorable croisade, il embauche 2 nouveaux musiciens, le batteur Keith Hartley et le guitariste Mick Taylor, un petit prodige de 19 ans complètement inconnu à l’époque. Il ajoute également pour l’occasion une section de cuivre complète…
Ecoutez "The Death Of JB Lenoir", un hommage sincère et rempli d’émotion dédié au Bluesman JB Lenoire, un de ses héros disparu cette même année…


Le 33 tours "The Blues Alone" paraît également en 67 et a la particularité, comme son nom l’indique, d’être le premier album entièrement composé, produit et interprété par John Mayall avec seulement pour unique soutien le batteur Keith Hartley. L’album recèle douze titres passionnants, tous bricolés à l’aide de l’overdubbing, une nouvelle technique de studio, qui lui permet d’enregistrer harmonica, piano, guitare et basse séparément…

Début 68, pour son sixième album, John Mayall décide d’étoffer ses Bluesbreakers en septet. Outre le guitariste Mick Taylor & le saxophoniste Chris Mercer, Mayall engage le trompettiste Henry Lowther, le saxophoniste Dick Heckstal-Smith, le bassiste Tony Reeves et le batteur John Hiseman. Ceux qui pensent que la vision musicale de John Mayall se limite au blues, risque d’être sérieusement étonnés en écoutant ce "Bare Wires". Un concept album ambitieux où il mélange habilement jazz, blues et rock…

Juillet 1968, John Mayall est épuisé après la tournée européenne qu’il vient d’effectuer avec six musiciens. Il prend alors la décision historique (pour certains fans) de dissoudre définitivement ses Bluesbreakers. Exit donc Dick Heckstal-Smith, Henry Lowther, Tony Reeves et John Hiseman, qui finiront eux par former Colloseum, le premier groupe de jazz-rock britannique. Quant à John Mayall, lui, il prend trois semaines de vacances à Los Angeles, où il fréquente notamment, Canned Heat le célèbre groupe de boogie américain…

A son retour à Londres, il grave "Blues From Laurel Canyon", en s’inspirant directement de son trip en Californie…
Outre la brève apparition de Peter Green son ancien guitariste, Mayall est toujours assisté par Mick Taylor à la guitare auquel il ajoute les talents du bassiste Steve Thompson et du batteur Colin Allen…



Début 69, John Mayall quitte Decca Records pour Polydor qui sort dans la foulé "The Turning Point". Un album novateur où il abandonne volontairement le blues pour un mélange de jazz acoustique sans percussion, ni batterie… John Mayall est simplement accompagné par le bassiste Steve Thompson auquel il adjoint le guitariste acoustique John Mark et le merveilleux saxophoniste/flûtiste Johnny Almond.

L'album qui suit "The Turning Point" propose la même formule en studio i.e. sans batterie avec le guitariste Jon Mark, le saxophoniste Johnny Almond et le bassiste Steve Thompson... "Empty Rooms" ne réédite pas l'exploit et n'a pas la profondeur du précédent néanmoins l'écoute se révèle agréable.


l to r: (kneeling) Harvey Mandel, Butch Luppinetti, Paul (with Mick Taylor's Strat!), (standing) show promoters- Steve Benson & Lee Stohlman, Linda, John Mayall & Duke Williams


En juin 1970 John Mayall dissout son groupe actuel et part définitivement s’installer en Californie… Il assemble sur place, un nouveau groupe 100 % Américains avec Don Sugarcane Harris (le violoniste de Frank Zappa) plus 2 excellents musiciens issu de Canned Heat, le guitariste Harvey Mandel et le bassiste Larry Lee…
"USA Union" est le premier résultat très réussi de ce reveriment.

En novembre 1970, l’ idée première de John Mayall pour "Back To the Roots", c’est de rassembler sur un double album tous les musiciens qui ont le plus compté dans son œuvre… Malheureusement pour diverses raisons, il n’arrivera pas à rassembler tout le monde, cela dit, il peux quand même compter sur la présence de pointures comme Eric Clapton, Mick Taylor, Keith Hartley, Harvey Mandel ou Larry Lee pour ne citer qu’eux.
Ecoutez "Accidental Suicide", hommage à Jimi Hendrix avec pas moins de 3 guitaristes… explosif !!!

Pour l’album suivant "Memories", Exit Harvey Mandel, exit Don Harris, c’est maintenant Jerry McGee qui s’y colle. Beaucoup de travail en studio, Mayall assurant le chant, la guitare rythmique, la douze cordes, l’harmonica, le piano, McGee la lead-guitar, le dobro, la steel et le sitar. Autant "U.S.A. Union" était ouvert sur le monde, autant "Memories" est un disque introspectif.

Toujours très actif, Mayall tourne en permanence, on attend la suite avec impatience. Et là, a nouveau, il nous refait le coup de "Turning Point", du moins dans la démarche, puisqu’il remet (pratiquement) tout en question ! Ce sera la période de son déclin, pour cause d’incompréhension totale du public, peut-être trop habitué à un travail léché, surprenant, souvent, mais très professionnel, et très construit. Arrive le temps de "Jazz Blues Fusion", une période franchement décriée par la critique. Pourquoi ? C’est simple, Mayall improvise tout ou presque sur scène...


Dernière édition par Bloomers le 05.04.15 15:53, édité 3 fois
avatar
Bloomers

Messages : 2748
Date d'inscription : 15/04/2008
Age : 42

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Ayler le 19.06.08 11:49

A propos de Mayall :

http://www.nashvillecitypaper.com/news.php?viewStory=60891

_________________
Ayler's Music
avatar
Ayler
Admin

Messages : 5231
Date d'inscription : 14/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://www.facebook.com/SugarSweet44

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Ayler le 19.07.08 15:03

Actualité discographique :

http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=30050

_________________
Ayler's Music
avatar
Ayler
Admin

Messages : 5231
Date d'inscription : 14/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://www.facebook.com/SugarSweet44

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Nestor le 26.08.08 1:10

Back to the roots contient des moments exceptionnels: prisons of the road, mariage madness, unanswered questions...
Les trois guitaristes sont tous plus ou moins au sommet de leur art (pour Mandel c'est plus dur à dire puisqu'il va jouer une musique de plus en plus unqualifiable).

Nestor

Messages : 284
Date d'inscription : 21/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Bloomers le 26.08.08 15:52

Kévin a écrit:Back to the roots contient des moments exceptionnels: prisons of the road, mariage madness, unanswered questions...

il y a juste ce p... de violon Mad
avatar
Bloomers

Messages : 2748
Date d'inscription : 15/04/2008
Age : 42

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par upfromtheskies le 26.01.13 13:25

Superbe rétrospective de Bloomers!

En complément, sur la même période, un article du R&F 51 d'avril 71:







Note: l'ancien bassiste de Canned Heat est Larry Taylor. Larry Lee était le 2nd guitariste de Jimi Hendrix à Woodstock.
avatar
upfromtheskies

Messages : 1193
Date d'inscription : 17/06/2012
Localisation : strasbourg

Voir le profil de l'utilisateur http://www.youtube.com/user/gilouseb

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Bloomers le 28.05.13 10:19

Roger Dean 1st Mayall's guitarist : interview
http://www.rogerdean.info/nunotes-bluesbreakers.html

interview a écrit:You left the Nu-Notes to go to John Mayall's Bluesbreakers. Was this an enforced decision or did you feel you needed a change?

When I left to go to John M, I fancied a change of style. As Mel Miller (Nu-Notes) has said, the band was going in no particular direction and we had been living in each other's pockets for a long time... we had reached a stalemate situation at that time. Around 1962, I was introduced to John by Ray Smith of 'Head Hands and Feet'. Bernie Watson had left to pursue his classical career and I was in the right place at the right time. John had a stack of work, I did a couple of gigs and liked the players in the band, John MacVie and Hughie Flint. Joining the 'Bluesbreakers' turned out to be a springboard to meeting a load of new musicians, many of whom have become lifelong friends

December 7, 1964 the 'John Mayall plays John Mayall' album was recorded live, very much the fashion at the time. Who's decision was it to go for a live recording?

John has always made his own decisions. We were a tight unit so recording live with no retakes was not a problem. I think we had a run through in the afternoon, a couple of tunes were new to all of us such as 'I need your love'.

Was that the band's basic repertoire, did you play other songs live?

We played a lot of the stuff on the album, John would leap into whatever he fancied playing and we had to keep our ears open.

Is it true that, with the Decca Studios right next door, they brought in the cables through the roof to record the show?

No! the cables ran out of the window and down the road to the studio about 100 yards away.

Although Mayall is always regarded as a blues purist, I get more of an R&B feel from that LP. What was the reaction within the band to the album and how do you look back on it now?

John has always been a purist , I was more R&B so I suppose I was holding him back at that time. I was a bit headstrong in those days! We were so busy doing gigs that I didn't really listen to it at that time! I recently reviewed the album on somebody's website, and a guy wrote in saying he didn't believe that I hadn't listened to it for 40 years! Looking back on it, it's great!! You can always improve solos by retakes - we stuck the lot down in one - very different to being in the studio.

The Bluesbreakers backed up John Lee Hooker on his 1964 UK tour. Was Mayall himself part of that band?

Yes, I think that was just after John bought his first Hammond. John Lee was a lovely man - you had to keep your ears open for the changes though! It was a thrill to get that gig, John Lee was a very big name at that time.

In February 1965 Mayall's second single was recorded: Crocodile walk c/w Blues city shake down. Was that also recorded at Decca West Hampstead?

Yes, but that was a long time ago and the engineers didn't understand that the amp needed a lot of poke to get the right sound. They were always watching their meters, not listening to the sound.

My baby is sweeter (later to turn up on the Thru The Years album) was also recorded at these sessions. Was that a contender for the single?

Can't really say. I liked it, but as I said before, John made the decisions

By this time Mayall already had a bit of a reputation on the scene. Did you get the feeling you were going places?

At the time we were doing basically six or seven gigs a week PLUS one or two all nighters, so we were already a name on the circuit.

Were you aware of his interest in Clapton for the band?

John always keeps his plans close to his chest but he was always straight with me and I was always straight with him, so he could call me up and explain the situation. I already new that Eric was 100% into blues. At that time I wanted to play like George Benson. I didn't fit.

avatar
Bloomers

Messages : 2748
Date d'inscription : 15/04/2008
Age : 42

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Bloomers le 20.12.14 19:00


recorded on January 2nd 1969 at the Marquee Club in London
avatar
Bloomers

Messages : 2748
Date d'inscription : 15/04/2008
Age : 42

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Ayler le 02.07.16 12:47

Pour les amateurs, je signale la sortie de John Mayall’s Bluesbreakers – Live In 1967 Volume 2. Le son est loin d'être Hi-Fi, mais la performance musicale mérite de détour - notamment celle Peter Green

_________________
Ayler's Music
avatar
Ayler
Admin

Messages : 5231
Date d'inscription : 14/04/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://www.facebook.com/SugarSweet44

Revenir en haut Aller en bas

Re: John Mayall : The Golden Years (1964-73)

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum