Jan Garabarek - Rites (1998)

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Jan Garabarek - Rites (1998)

Message par Wu wei le 12.06.12 0:22



CD1
1. Rites 8:27
2. Where the rivers meet 7:01
3. Vast plain, clouds 5:53
4. So mild the wind, so meek the river 6:09
5. Song, tread lightly 7:40
6. It's OK to listen to the gray voice 6:43
7. Her wild ways

CD2
1. It's high time 3:31
2. One Ying for every Yang 6:32
3. Pan 6::11
4. We are the stars 5:00
5. The Moon over Mtatsminda 3:57
6. Malinye 6:19
7. The white clown 3:44
8. Evenly they danced 5:14
9. Last rite 8:24


Jan Garbarek - saxophone ténor, saxophone soprano, synthétiseurs, percussions
Rainer Brüninghaus - piano, clavier
Eberhard Weber - contrebasse
Marilyn Mazur - percussions
Manu Katché - batterie

Invités :

Jansug Kakhidze
- voix
Bugge Wesseltoft - synthétiseur, accordéon

Il serait intéressant de faire une présentation exhaustive de Jan Garbarek, mais il est à présent l’heure de nous attarder sur l’un de ses albums les plus connus, donc si vous ne connaissez pas du tout cet artiste tachons d’en faire un résumé succin, ce qui n’est pas évident du tout mais à coup sûr un pléonasme.
Jan Garbarek est norvégien (l’avantage de ce genre d’affirmation c’est que cela place le bonhomme dans tout un contexte musico-esthétique à moindre frais, déjà on image ECM, une vision « artistique » du jazz, des compos complexes, quelque chose d’une beauté froide… ) il tombe en extase devant Coltrane (déjà il n’a pas des goûts de merde), va se lancer dans le free, devenir l’une des figures d’ECM (étonnant non ^^), rencontrer Keith Jarrett (faire partir de sa formation européenne) pour finalement devenir (au fil de très nombreuses rencontres) l’un des cadors du world-jazz.
Vous l’aurez compris Jan Garbarek peut être vénéré du fait de sa vision peu orthodoxe, sérieuse et jouissive de la musique et du mélange qu’elle porte en son sein, de la même manière on peut lui jeter des paquets de boulon de 38’ (ceux utilisés sur les super tankers) pour le nombre d’ersatz immondes que sa musique a engendrés.
Fin des années 90, Jan Garbarek se lance dans le projet Rites avec une formation « serrée », sans être lassé par ses précédentes aventures il semble vouloir se recentrer sur son instrument. Et si les détracteurs de l’artiste risquent de souffrir à l’écoute de ces plages, les amateurs seront comblés. Trop souvent réduit à son apport pour le genre du world-jazz, Gabarek est également un saxophoniste au son reconnaissable entre mille. Une colonne d’air puissante, un approche proche du modal, peu d’enrichissements inutiles… le son de Garbarek est un son ventral, qui vient de l’intérieur, cherche à faire perdre l’équilibre, les habitudes de l’auditeur pour l’amener à se récupérer de justesse à des repères qui ne sont pas les siens. Garbarek possède une sonorité forte, pleine, intérieur comme échappé des grottes chtoniennes tutélaires, le balancement, le rythme n’y est que rarement prédominant, plus souvent esquissé, comme un pastel à demi-mot (bon.. j’admets l’image est peu claire, mais je n’ai trouvé que ça).

C’est ce son, ici produit comme lamentation tonale, qui hante ce double album par sa présence magnétique. Une complainte qui amène à la contemplation, il faut comprendre que Garbarek ne cherche pas à s’approprier les rites du monde dans un grand mouvement de rassemblement type « we are the world », mais à incarner une sorte d’archétype mondial du passage à l’âge adulte. Un rite que l’on retrouve partout, dont les variations sont nombreuses mais possède des racines symboliques. D’une lenteur, d’une presque arythmie, de cette glaise musicale s’élève les compositions et le chant de Garbarek, de là il est deux écoles possibles… c’est l’avantage des albums de ce type, ça engendre des avis bien tranchés. Soit l’on trouve que justement l’artiste reste collés, figés dans la boue mercantile d’un new age crasse, que l’on peut à peine nommer « musique » et en aucun cas « jazz » ; soit, au contraire, son lyrisme nous envoûte et l’on trouve ses envolées majestueuses, vaporeuses.

Si vous êtes de ces derniers, la détresse que Garbarek et son groupe dépeignent va vous serrer le cœur avant d’en égoutter les moindres parcelles de tendresse. La spiritualité presque monacale qui se dégage de cet ensemble donne à l’ensemble une cohésion de chœurs.
Un album encensé et conspué en son temps, qui continue de diviser les auditeurs… une chose est certaine : il ne vieillit pas.





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