Lightnin' Hopkins

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Lightnin' Hopkins

Message par Bloomers le 16.04.08 10:46



« Il y a des jeunes blancs qui jouent bien le blues. Il le chantent même pas trop mal. Mais ce qui leur manque, c’est le feeling. Je n’ai jamais eu ce problème, car moi, je suis né avec le blues. »

Sam Hopkins est né en 1912 à Centerville, une bourgade situé sur la Highway 75, à mi chemin entre Houston et Dallas.
La famille Hopkins compte six enfants, qui travaillent tous dans les champs dès qu’ils sont assez grands pour marcher.
Les périodes d’écoles sont rares. En revanche, la musique est omniprésente, car la plupart des Hopkins sont musiciens. Le plus doué est Joel, le fils aîné, qui chante et joue de la guitare le week-end. Son jeune frère Sam va aussi s’engager dans cette voie, la seule qui permette d’oublier un quotidien austère.

LH : « Vous saviez pourquoi on avait le blues ? Parce qu’on avait toutes les raisons de l’avoir. Quand on passe sa journée à creuser des sillons dans la terre derrière une mule, on a le blues ; et le seul espoir qu’on a, c’est un jour de pouvoir partir»

Sam n’a que 8 ans lorsque survient un événement qui va influencer toute son existence. Lors d’une kermesse à Centerville, il découvre sur une estrade un chanteur et guitariste qui à été invité pour animer l’après-midi : il s’agit de Blind Lemon Jefferson, l’une des plus grandes vedettes du blues rural.

LH : « Il m’a fait monter sur l’estrade à côté de lui et il m’a demandé de l’accompagner pendant tout le reste de son concert, avant de m’inciter à persévérer. »

Motivé par cette rencontre inoubliable, Sam participe dés son adolescence aux bals et autre fêtes des environs de sa bourgade natale.
C’est tout d’abord Jabo Bucks, qui prend Hopkins sous sa protection. Ensuite c’est Texas Alexander, un cousin chanteur de blues qui vient de signer un contrat avec la firme de disque Okeh. Ils se produisent ensemble le week-end dans les clubs de Downing Street, parfois accompagnés d’autre bluesman comme Wilson Smith, Frankie Lee Sims et Smokey Hogg.
Pour survivre, Sam tient également une loterie clandestine et travail pour une compagnie de chemin de fer.

La chance va enfin sourire à Hopkins en 1946. Invité par le label Aladdin, Sam se rend en Californie où il grave ses premières faces. Son accompagnateur, le pianiste Wilson Smith, portant le nom de « Thunder » (tonnerre), Hopkins sera baptisé « Lighnin’ » (éclair)

Le public populaire noire des Etats du Sud-Ouest accueille favorablement les premiers 78 tours de Hopkins qui retourne presque aussitôt en studio à plusieurs reprises. Alors qu’il refuse tout contrat d’exclusivité, il est très vite courtisé par d’autre firmes comme Gold Star, Sittin’ In With, Decca et Herald pour lesquelles il grave certaines de ses plus belles faces.

Les années 50 seront mitigés, l’apparition de nouveaux concurrents, comme Muddy Waters ou BB King, montre que les goûts du public sont en train d’évoluer. Si ses concerts lui permettent de poursuivre sa carrière à Houston, ses enregistrements se font de plus en plus rare et son succès finit par s’en ressentir.

Après une longue absences des studios, Lighnin’ va trouver un second souffle lorsque des amateurs de blues le « découvrent » dans son ghetto en 1959.
C’est le label Arhoolie qui s’empresse de lui faire graver de superbes albums qui le font connaître du public universitaire.

Jusqu'à sa disparition des suites d’un cancer en 1982, Lighnin’ Hopkins restera l’un des country bluesmen favoris du grand public. En juillet 1960, on peut l’entendre au festival de Berkeley, en Californie puis dans divers clubs de Greenwich Village, à New York. C’est le départ d’une nouvelle carrière dont les Européens seront privés : par crainte de voyager en avion, Hopkins ne se rendra sur le vieux continent qu’à de très rares occasions (American Folk-Blues Festival de 1964)
Les qualités réelles de showman de Lighnin’, la force poétique de ses textes et la puissance de sa musique expliquent la durée de son succès. Peu soucieux de négocier des contrats d’enregistrement durables, il multiplie les séances à l’infini. En échange d’une somme forfaitaire, il improvise en quelques heures des albums entiers pour des marques très diverses.
Ces disques ne sont pas tous excellents, mais le niveau des prestations du chanteur reste très élevé si l’on tient compte de l’ampleur de sa productions.

Discographie sélective :
« The Complete Aladdin Recordings » (2cd)
« Gold Star Sessions Vol. 1 & 2 » (2cd)
« Mojo Hand » 1961 (Arhoolie)
« How Many More Years I Got » 1962 (Prestige)
« Soul Blues » 1964 (Prestige)
« Free Form Patterns » 1968 (Charly)
« It’s A Sin To Be Rich » avec John Lee Hooker, Luther Tucker, Jesse Ed Davis, Jim Gordon


Source de base : Jazz & Blues Collection
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 02.09.09 15:49

2 CD des faces Sittin' in with:

Mainstream 901 et 905 de 1991,

Les faces Modern, qui sont en fait des Gold Star acheté Bill King:

Ace CDHCD 697 de 1999,

Les faces Herald:

"The complete Herald singles", Ember BCD 006 de 2000,

Houston bound", Relic 7058, de 1993, les faces Fire de Bobby Robinson.

Il manque toujours un titre, "Jazz blues" dans les rééditions anglophones, mais qui a été réédité sur un double CD japonais P. Vine...que je n'ai pas!

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Purple Jim le 08.12.09 22:08



J'ai découvert ce magnifique disque sur Deezer. "Hear Me Talkin". Un superbe concentré de rock-boogie-blues avec Lightnin' à fond sur sa guitare électrique.
J'imagine que ça compile des morceaux d'autres disques, mais n'importe, c'est le meilleur Hopkins que j'ai entendu et c'est hautement recommandé.
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Bloomers le 08.12.09 22:25

c'est une compile des sessions Herald 1954 et 59...je connais quelques titres via l'album "Lightnin' & The Blues", c'est du tout bon !
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 14.08.10 18:28

Quelques titres manquants sur les CD précédents, dont les 4 gravés pour TNT, se trouvent sur celui-ci:

"The remaining tiltes, volume 1", 1950/ 1961", Document DOCD 5609 de 1998.

Le volume 2 n'est jamais paru bounce

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Garbage Man le 14.08.10 20:32

J'adore Lightnin' Hopkins !!!

C'est sûrement le bluesman le plus prolifique de l'histoire de cette musique mais il est bien trop peu cité.
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 14.08.10 21:05

Pas le plus prolifique, non, mais une personalité très importante surement.

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Garbage Man le 14.08.10 21:13

yza a écrit:Pas le plus prolifique, non, mais une personalité très importante surement.

Il a quand même pas mal enregistré !!!

Peut être pas autant qu'un John Lee Hooker mais on ne manque pas d'enregistrement.
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Bloomers le 15.08.10 0:40

John Lee Hooker et Lightnin' hopkins avaient la particularité d'offrir leurs services à n'importe quel maison de disques (parfois ils changeaient de noms pour brouiller les pistes) lightnin' était du genre à tâter les billets avant même d'entrer en studio, un forfait qui le privait de royalties on s'en doute...
il est intéressant de remarquer qu'un John Lee enregistrait un truc chez Vee-jay le matin pour le refaire exactement pareil l'après midi chez chess en changeant juste les paroles Very Happy
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Message par Blueleader le 15.08.10 0:46

des mercenaires du blues en quelque sorte...
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Bloomers le 15.08.10 1:01

blueleader a écrit:des mercenaires du blues en quelque sorte...

disons qu'ils étaient avant tout méfiants de tout ces blancs qui exploitaient leur musique...
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 15.08.10 8:13

Il y a tout de même plusieurs bluesmen qui ont enregistré autant que ces deux là...

John Lee Hooker n'a pas enregistré à la même époque pour Chess et Vee Jay...faut se méfier des légendes!

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Bloomers le 15.08.10 11:36

yza a écrit:Il y a tout de même plusieurs bluesmen qui ont enregistré autant que ces deux là...

John Lee Hooker n'a pas enregistré à la même époque pour Chess et Vee Jay...faut se méfier des légendes!

cite nous des noms

autant pour moi, j'ai certainement confondu...il faut dire que son titre Walking the boogie (1952) ressemble comme 2 goutes d'eau à Boogie Chillun (version 50 ou 60)...son classique qu'il a enregistré au moins 10X

le fait qu'il changeait de pseudo dans les 50' n'est pas une légende, il était sous contrat à l'époque...

Because of his recording contract, he would record these songs under obvious pseudonyms such as John Lee Booker, notably for Chess Records and Chance Records in 1951/52,[6] as Johnny Lee for De Luxe Records in 1953/54[6] as John Lee, and even John Lee Cooker[7], or as Texas Slim, Delta John, Birmingham Sam and his Magic Guitar, Johnny Williams, or The Boogie Man.[8]
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Message par Jungleland le 15.08.10 12:04

en dehors de Hopkins et Hooker, je pense aussi à Tampa Red qui a enregistré entre 300 et 400 plages.

Peut être aussi Furry Lewis et Blind Boy Fuller qui étaient prolifiques mais là j'en suis moins sûr.

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 15.08.10 12:19

Roosevelt Sykes, Memphis Slim, Lonnie Johnson, Big Bill Broonzy, Andew "Smokey" Hogg, B. B. King, Jimmy Witherspoon et j'en passe!

Pour les contrats et prises différentes éditées sous d'autres noms et titres, je vous laisse chercher un peu, car c'est réel, mais la solution est toute simple pour l'humble amateur qui possède le discographie de John Lee Hooker, d'ou la grande importance d'avoir des livres discographiques sérieux!

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Bloomers le 15.08.10 16:58

yza a écrit:
Pour les contrats et prises différentes éditées sous d'autres noms et titres, je vous laisse chercher un peu, car c'est réel, mais la solution est toute simple pour l'humble amateur qui possède le discographie de John Lee Hooker, d'ou la grande importance d'avoir des livres discographiques sérieux!

merci en tout cas pour ton implication pointilleuse et tes conseils Wink
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 16.08.10 19:08

De 1948 à 1954, John Lee Hooker enregistra à Detroit pratiquement tout le temps pour les producteurs Joe Van Battle, mais principalement avec Bernie Besman.

Lors de ces séances d'enregistrments, les producteurs demandèrent assez souvent à l'intèrprète de refaire des prises de ses morceaux, mais celui-ci modifia bien souvent quelques paroles et l'accompagnement.

Joe Van Battle, propriétaire de petits labels éphémères comme JVB, sorti quelques enregistrements de John Lee Hooker, mais revendi le reste à plusieurs marque de disques comme King, Regent/ Acorn/ Savoy, Gotham, Gone et Chess, sous d'autres titres et nom d'intèrprète...ce que fit aussi Bernie Besman, propriétaire du label Sensation, plus important et moins éphémère, qui en édita aussi un certain nombre, puis le reste fut vendu à Modern/ RPM, Specialty, United Artist, Regal Grand et Chess!

Je pense qu'au niveau contrat, les choses devaient-être aussi claires...

Un exemple parmis d'autres:

"Boogie chillen" est édité sur Modern, une deuxième fois sur Modern et Grand, sous le nom de "New boogie chillen", "Henry swing club", un alternate sur Specialty et "Johnny lee's original boogie", autre alternate sur United Artist.

Quand aux salaires versés par avance, Bill King propriétaire de Gold Star dans un interview, raconta que c'était avec des bouteilles de wisky qu'il payait Ligthing Hopkins, une supplémentaire était donnée à l'artiste au cas de nouvelle prise de son...du même titre!

Légende??? rabbit

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par Blueleader le 16.08.10 19:27

Very Happy merci.
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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 17.08.10 10:13

Ace vient de sortir avant les vacances une compilation de deux CD de Lightning, couvrant la période de 1947 à 1959, comprenant "Jazz blues" sans ronflement, et un inédit Specialty à la guitar sèche...mais qui fait double emploi pour le reste!

Ace CDCH2 1259

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 23.10.12 18:37

Ce matin, j'suis tombé sur le coffret JSP de 5 CD à 11€...en bon état, j'm'le suis pris...et pointé les doublons et manquants par rapport aux disques que j'ai...il y en bien des titres manquants, et prises alternées...puis comme d'habitude, l'excellant "Jazz Blues" de chez Gold Star, réédité sur un CD Ace récent est oublié...

Ce coffret s'arrête au milieu des enregistrements Mercury de 1951, qui fut réédités complètement sur un LP Arhoolie.

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Re: Lightnin' Hopkins

Message par yza le 09.11.12 10:55

Petit complément sur le coffret...

Il manque la totalité des titres publiés sur RPM/ Modern, d'origine Gold Star, car ces derniers venaient d'être réédités dans leurs intégralités par Ace sur le CD:

"LH, Jake head boogie", Ace CDCHD 697 de 1999.

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