Leadbelly

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Leadbelly

Message par Bloomers le 16.04.08 11:05



Leadbelly, artiste un peu oublié de nos jours, ne nous apparait pas simplement comme "un bluesman de plus" car son invention musicale et l'influence qu'il exerça par la suite sur toute une génération de chanteur américains dépassent largement le cadre du blues.

C'est vers 1885 (date non confirmée), que nait à Mooringsport, dans le district du lac Caddo en Louisiane, Huddie Ledbetter, bientôt connu sous le pittoreque surnom de Leadbelly ("Ventre de Plomb").

Fils d'un ouvrier agricole d'une plantation de coton, Leadbelly apprend dés son enfance à ceuillir cette denrée et à jouer de la musique.
Il commence à jouer de la mandoline, puis découvre la guitare à douze cordes...

En 1910, Leadbelly rencontre à Dallas un groupe de musiciens de "Ragtime", venu de la nouvelle-Orléans, auprès de qui il prend de nouvelles leçons

En 1917, c'est la rencontre avec le légendaire Bluesman Blind Lemon Jefferson. Unis immédiatement par la complicité de leur musique, ils jouent en duo et parcourent ainsi le Texas.

Mais le 7 juin 1918, le destin va séparer les 2 hommes : arrêter au cours d'une rixe sanglante où il est même accusé de meurtre (on ne sut jamais la vérité), Leadbelly est incarcéré à la ferme-prison d'état de shaw.
Primitivement condamné à 30 ans de travaux forcés, il sera pourtant libéré dés 1925, grace à l'appui bienveillant du gouverneur local, amateur de blues, touché par sa musique.

On perd la trace de Leadbelly jusqu'au 28 février 1930, date d'une nouvelle arrestation, cette fois lors d'une bagarre avec deux inconnus qui tentaient de lui voler du whisky, il est condamné à dix ans de réclusion et conduit à la prison d'Angola en Louisiane, qui non seulement abrite de nombreux détenus musiciens (Robert Pete Williams), mais en outre est célèbre pour ses gardiens particulièrement brutaux et bien armés.

C'est alors qu'intervient l'un des grands pionniers de la recherche folklorique américaine, John Lomax, qui procédait à l'époque à un collectage méthodique, ratissant tous les pénitenciers du sud.
Sur un magnétophone primitif, lourd et encombrant, Lomax fait enregistrer Leadbelly, qui interprète notament une supplique au gouverneur O.K. Allen, réclamant sa libération. Merveilleuse et inébranlable foi dans la musique ! Hélas le miracle du Texas ne sera pas réitéré en Louisiane.
leadbelly sortira tout de même d' Angola plus tôt que prévu (1934), mais grace à une réduction de sa peine que lui vaut sa bonne conduite.

Lomax engage alors Leadbelly comme chauffeur pour ses tournées de recherches et de conférences, le représentant dans quelques universités.
Accompagné de sa fiancé Martha Promise et conduisant la voiture de Lomax, Leadbelly arrive à New York en décembre 1934. Le mois suivant, il épouse Martha à Wilton (Connecticut). De janvier à mars 1935, il enregistre plusieurs fois pour American Recording Company (45 titres au total dont 6 seulement furent commercialisé de son vivant, mais sans aucun succés de vente)

En 1936, tandis que son protégé et chauffeur a repris avec Martha le chemin de la Louisiane, John Lomax publie chez Macmillan un receuil de chansons : "Negro Folksong as sung by Leadbelly".

On retrouve Leadbelly dans un studio New Yorkais le 1er avril 1939, chez Musicraft, où il enregistre notamment l'un de ses grands classiques : "The Bourgeois Blues". Ce dernier restera pour la postérité comme ayant été la première chanson de protestation personnelle provenant d'un auteur noir.

Le 20 mai 1939, la police tombe une fois de plus sur Leadbelly qui doit purger une peine d'un an à Riker's Island. Dés sa libération (15 juin 1940), il enregistre chez RCA Victor.

Paradoxalement, les dates deviennent plus obscures vers la fin de sa vie; du moins sait-on qu'en dehors d'un séjour infructueux à Hollywood et d'un voyage à Londres et à Paris, il reste à New York. Tandis qu'en 1946 il héberge chez lui des artistes que nous retrouvons (Woody Guthrie, Aunt Molly Jackson et Jim Garland), Leadbelly chante souvent dans les cabarets de Greenwich Village, encore inconnus du grand public, comme le "Village Vanguard", parfois accompagné de Sonny Terry. Mais Leadbelly ne seras jamais admis dans les boites à la mode du centre de New York, en pamoison devant Bing Crosby ou Frank Sinatra. Leadbelly enregistra aussi pour Moses Asch, directeur-fondateur d'une firme qui à tant fait pour la découverte du folklore américain : Folkways.

En 1948 apparurent les premiers symptômes de la maladie qui, un an plus tard, au retour de son unique tourné européenne, devait emporter Leadbelly : la sclérose latérale amyotrophique, mal rare et demeuré incurable de nos jours, qui paralyse progressivement les muscles. Voyant Leadbelly près de la fin, le regretté Jack Kerouac lui dédia un texte intitulé : "Deadbelly".

Ainsi mourut dans un hopital New Yorkais un Leadbelly misérable, n'ayant pu connaitre de son vivant une consécration que l'époque insouciante réservait à d'autre...

je vous conseille dans la collection SAGA
CD 1 - LEAD BELLY - Blues & Folk Singer
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VIDEOS :
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Re: Leadbelly

Message par mandrake le 10.03.13 15:54

25 cm de 1950 sauvé de l'humidité d'une cave et des rats
Huddie Ledbetter Leadbelly - Take This Hammer Folkways Records FA 2004 made in USA (P)1950 mono





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