Yasmina, A Black Woman (1969)

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Yasmina, A Black Woman (1969)

Message par Sony'r le 26.05.13 9:10

Yasmina, A Black Woman (1969)



Ci-dessus l’original BYG

A1-Yasmina 20:00  
B1-Sonny's Back 14:20  
B2- Body And Soul 6:00

A1-B1-B2-  Bass – Malachi Favors ;   Drums – "Philly" Joe Jones ; Piano – Dave Burrell   Tenor Saxophone, Voice; – Archie Shepp
A1- Alto Saxophone -Arthur Jones ; Bass – Earl Freeman ; Bass Saxophone – Roscoe Mitchell ;Cornet – Clifford Thornton ;Drums – Sunny Murray ;Percussion [Rhythm Logs] – Art Taylor ;Trumpet – Lester Bowie ;Xylophone [Balafon] – Laurence Devereaux
B1-Tenor Saxophone – Hank Mobley

L’enregistrement de cet album se déroule moins de deux semaines après la prestation d’Alger, à Paris, sous la supervision de Jean Georgakarakos et Jean-Luc Young (le « Y » et le « G » de BYG) qui produisent l’album. L’Afrique est encore dans les têtes, elle est aussi dans la musique. Trois des cinq  membres de l’Art Ensemble de Chicago sont aussi présents, Roscoe Mitchell, Lester Bowie et Malachi Favors qui représentent la jeune garde, ils ont débarqué à Paris il y a peu et y resteront encore pendant  plus de trois années pendant lesquelles ils enregistreront bon nombre d’albums dans l’inspiration la plus free.

Shepp aime les percussions, les tambours sont historiquement le premier instrument. Ils introduisent le premier titre de l’album : Yasmina, une longue composition de 20 minutes qui occupe l’ensemble de la première face de l’album. La voix, elle aussi, est l’instrument originel, Shepp scande à tue-tête « Uhuru ! Uhuru !» qui signifie « liberté ! » en swahili… Yasmina est un cri, celui des noirs opprimés qui luttent pour la liberté, c’est le cri des noirs du monde entier, le cri des tambours qui délivrent des messages, celui de  la musique, non pas du jazz contrôlé par les « Norman Granz »  Américains,  mais le langage libertaire de la « Great Black Music » !

« J’ai appris de Charlie Parker que la musique pouvait véhiculer un message verbal » déclara-t-il autrefois, et ce disque en est la manifestation. Une sorte de Big band free est ici rassemblé pour ce premier morceau, ceux d’Afrique et de Paris.
D’abord… les rythmes ! Africains bien sûr, Sunny Murray et Philly Joe Jones à la batterie et aux percussions, ils représentent à eux deux  l’histoire de la batterie et nous convient à une orgie rythmique. Deux basses, lourdes, qui marquent le tempo, et un piano, celui de Dave Burrell qui bat lui aussi le rythme, avec sa main gauche, inlassablement. Les cuivres et les anches inscrivent des riffs de façon intermittentes mais entêtantes, donnant vie et oxygène à cette masse sonore et les solistes portés par cet énorme groove peuvent déposer sur les sillons la marque de la plus grande liberté.
Archie Shepp le premier pousse son cri avec ce timbre dont il est le seul dépositaire et qui, ici, prend toute sa dimension, comme arrivé à maturité. C’est le blues que l’on entend, par bribe, encore et encore, retenu, puis sous l’effet d’un pression intérieure qui ne peut se contenir, il explose en un cri libérateur qui s’exprime dans la puissance et la durée, et ça vous embarque l’âme…
Dave Burrell, le métronome, en dialogue constant avec Sunny Murray, balise des espaces aux étranges contours.

Sonny’s back est une composition de Grachan Moncur III et un hommage à Sonny Rollins. La particularité c’est qu’Archie Shepp y est en duo au saxophone ténor avec  Hank Mobley. La réunion de ces deux styles peut sembler assez improbable, pourtant Archie s’est toujours inscrit dans l’histoire de la musique noire et la rencontre est ma foi réussie. On pourrait même parler d’un trio car l’ombre de Sonny Rollins plane sur ce beau blues, cette pièce lui étant dédié comme l’indique le titre. D’ailleurs Shepp est un caméléon et on peut entendre l’influence de Sonny Rollins dans le souffle d’Archie. Philly Joe Jones est dans son élément ici, il s’éclate à fond et ça s’entend ! Nous sommes à la fois dans la tradition du hard bop avec quelques incartades hors de la frontière, comme s’il fallait aller cueillir le fruit défendu…

Body and Soul pour fermer la boîte, ce magnifique standard magnifié par Coleman Hawkins. Shepp s’y montre déférent envers son aîné, ce qui rend le titre très émouvant, encore une belle réussite.

Un des grands albums de Shepp, à mon avis, bien qu’il soit injustement minoré …


Dernière édition par Sony'r le 26.05.13 11:17, édité 1 fois
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Re: Yasmina, A Black Woman (1969)

Message par Ayler le 26.05.13 11:06

Un album réédité en vinyle : j'ai eu l'exemplaire entre les mains il y a peu. J'avais hésité à le prendre, ne le connaissant pas.

Sony'r a écrit:sous la supervision de Jean Georgakarakos et Jean-Luc Young (le « Y » et le « B » de BYG) qui produisent l’album.
Le G plutôt non ?

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Re: Yasmina, A Black Woman (1969)

Message par Sony'r le 26.05.13 11:17

Ayler a écrit:Un album réédité en vinyle : j'ai eu l'exemplaire entre les mains il y a peu. J'avais hésité à le prendre, ne le connaissant pas.

Sony'r a écrit:sous la supervision de Jean Georgakarakos et Jean-Luc Young (le « Y » et le « B » de BYG) qui produisent l’album.
Le G plutôt non ?

Oui, le "B" c'est Fernand Boruso de Saravah.
Merci encore, je vais éditer.
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Re: Yasmina, A Black Woman (1969)

Message par parisino le 26.05.13 13:16

Sony'r a écrit: ... pourtant Archie s’est toujours inscrit dans l’histoire de la musique noire ...

Archie Shepp est vraiment un saxophoniste complet et je parle dans les styles, bien sur il a commencé à se faire connaitre avec le free, mais il peut être très blues comme sur "Trouble in Mind" un duo avec l'excellent pianiste Horace Parlan (il y a de mémoire 3 albums avec ce duo). N'oublions pas ces albums de Balade qui ont vraiment apporté quelque chose de nouveau dans la reprise des standards. Ensuite je ne connais pas ces albums avec des rappeurs (Cuck D quand même) mais c'est vraiment un musicien qui garde l'histoire de la musique noire et surtout comme tu le dis il aime les rencontres. Les rencontres sont un tremplin qui vont lui faire sortir cette musique qu'il a en lui et contrairement à Keith Jarrett (que j'adore autant que Shepp même si je connais mieux) qui a besoin d'être seul ou avec un trio qu'il connait très (ou plus que) bien, Shepp c'est le contraire il a besoin de nouvelles histoire et de se mettre en danger (de façon naturelle, je ne pense pas qu'il cherche a ce mettre en danger).

Un grand musicien qui mérite sa place dans ce forum avec un sujet en première page comme Miles, Coltrane, Sanders, et Monk, je fais donc ma demande officielle à Ayler notre administrateur préféré.

Pour revenir à l'album, je l'ai écouté il y a pas mal de temps et je vais le ressortir. Pour faire simple, après j'ai mes albums préférés de Shepp, il n'y a qu'un album que je n'ai pas aimé c'est "Mama Rose". Sinon tout ce que j'ai écouté est bon, voir excellent !

Merci Sony'r j'adore ces chroniques.

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Re: Yasmina, A Black Woman (1969)

Message par Ayler le 26.05.13 13:34

parisino a écrit:Un grand musicien qui mérite sa place dans ce forum avec un sujet en première page comme Miles, Coltrane, Sanders, et Monk, je fais donc ma demande officielle à Ayler notre administrateur préféré.
C'est à l'étude ! study

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Re: Yasmina, A Black Woman (1969)

Message par Blueleader le 26.05.13 15:44

Découvert il ya peu et encore réécouté l'autre nuit au casque;
quelle puissance !
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