Brilliant Corners (1957)

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Brilliant Corners (1957)

Message par Wu wei le 31.07.12 1:06



1. "Brilliant Corners"   7:42
2. "Ba-Lue Bolivar Ba-Lues Are"   13:24
3. "Pannonica"   8:50
4. "I Surrender, Dear" (Harry Barris) 5:25
5. "Bemsha Swing" (Thelonious Monk, Denzil Best)    7:42


   Thelonious Monk
— piano; celesta
   Ernie Henry — saxophone alto  sur  Brilliant Corners, Ba-lue Bolivar Ba-lues-are et Pannonica
   Sonny Rollins — saxophone tenor
   Oscar Pettiford — contrebasse sur Brilliant Corners, Ba-lue Bolivar Ba-lues-are et Pannonica
   Max Roach — batterie; timpani

   Clark Terry — trompette sur Bemsha Swing
   Paul Chambers — contrebasse sur  Bemsha Swing

L’année 1956 va se terminée, Monk est en compagnie de sa femme et de la baronne Pannonica, ses interprétations de Duke commencent à faire parler d’elles, tout semble aller dans le bon sens ; c’est le moment que choisit Keepnews pour mettre la machine en marche. A savoir pour laisser Monk enregistrer ses propres compositions, avec les musiciens de son choix.
On retrouve un certain Sonny Rollins, Ernie Henry à l’alto ainsi qu’Oscar Pettiford et Max Roach, une équipe de rêve qui débarque le 9 octobre (la veille des 39 ans de Monk) dans un nouveau studio le Reeves Sound et qui dit nouveau studio dit nouvel ingénieur du son (Jack Higgins). Le matériel final paraîtra peut être moins clinquant, moins grandiose, mais également moins formaté, moins grandiloquent, un substrat idéal s’il en est pour que la folie monkienne fasse son effet.
Nous sommes ici dans des séances « difficiles » à savoir que même si la qualité des musiciens est au rendez-vous, qu’ils semblent comprendre et suivre les changements de cadences, de rythmes, d’humeur de pianiste, ils n’en découvrent pas moins les partitions le jour même, de quoi en rebuter plus d’un (peut être ce qui arrivera à Pettiford qui « abandonnera » à la fin de la deuxième session pour ne plus jamais jouer aux côtés de Monk, il en ira de même pour Henry…).
Parce qu’il séjournait parfois à l’hotel Bolivar, nous aurons droit à un Ba-lue Bolivar Ba-Lues-Are proposant une dizaine de minutes étranges, décalés, blues … monkienne, une pièce de résistance d’entrée de jeu ça vous donne le ton pour le reste de la journée, de la semaine, du mois même.
Si  Pannonica est un titre en hommage à la célèbre baronne bienfaitrice des jazzmen de l’époque, il ne s’agit pas là d’une œuvre de commande ou d’une forme de carte postale du cœur composée à la va vite. Monk lui offre une sublime ballade, tout en légèreté et en allégresse rentrée. Pour l’interpréter il choisira de poser la mélodie (main droite) sur un Célesta tandis qu’il s’accompagne (main gauche) au piano, une pratique peu utilisée à l’époque qui donne un charme certain à ce morceau.
Le 15 octobre sera consacré à un Brilliant Corners qui n’existe pas ! Plus d’une vingtaine de prises, des heures d’enregistrements, un studio à rendre, des musiciens qui n’en peuvent plus…pour un morceau complexe, comme seul Monk peut les créer qui sera un collage des meilleurs passages de la session.
Il faudra attendre le 7 décembre pour terminer les sessions, avec Clark Terry et Paul Chambers pour venir remplacer les démissionnaires et un Max Roach ajoutant des timbales d’harmonie à sa panoplie… le tout pour un Bemsha Swing de haute volée… la musique est au rendez-vous avec tout ce qu’elle possède de surnaturel dans les échanges entre les musiciens, dans ce jeu de Monk traversant un précipice sur un corde à cloche pied sans filet, jouant sur nos nerfs, sur nos attentes pour toujours nous surprendre et jamais nous laisser en rade.
A la manière dont, quelques minutes avant de devoir rendre le studio, il improvisera, seul, I surrender dear le plus naturellement et magnifiquement du monde, avec cette grâce pataude qui n’appartient qu’à lui.
Au final Brilliant Corners n’est pas seulement le premier album de compositions de Monk pour riverside, ni un bon album de Monk entouré par des musiciens compétents, ni de superbes compositions… au fil du temps, il s’impose comme un classique. Tout ici  tremble encore de l’écho des déséquilibres contrôlés de ce génie jazzistique, il se doit de faire partir de toute discothèque.

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