Plays Duke Ellington (1955)

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Plays Duke Ellington (1955)

Message par Wu wei le 05.06.12 22:57



1. "It Don't Mean a Thing (If It Ain't Got That Swing)" 4:38
2. "Sophisticated Lady" 4:27
3. "I Got It Bad and That Ain't Good" 5:52
4. "Black and Tan Fantasy" 3:24
5. "Mood Indigo" 3:13
6. "I Let a Song Go Out of My Heart" 5:40
7. "Solitude" 3:42
8. "Caravan" 5:55

   Thelonious Monk – piano
  Oscar Pettiford – contrebasse
   Kenny Clarke – batterie

108,27 dollars.
Une somme pas si astronomique que ça, même à l’époque… pourtant Monk est trop pauvre la mettre sur la table de Prestige, ce sera donc Orrin Keepnew, 33 ans, tout nouveau patron de Riverside fan de l’artiste… qui va les luis avancer.
avancer, pas donner… une avance sur ses droits… fan oui, naïf non.
Monk sait que ce jeune homme est un amateur qui a du goût, il est joyeux d’entamer une telle collaboration.  Il accepte même d’enregistrer des morceaux du Duke (non ! pas celui des frères Cohen, celui qui faisait plonc plonc sur un piano). Ce (grand) compositeur Monk le connait par cœur, il a fait parti de son « éducation » musicale, mais il ne l’écoute plus, il est déjà ailleurs dans son propre univers ; il estime même que c’est Duke qui fut plus influencé par lui que l’inverse.
Mais on lui propose un nouveau contrat, un nouveau projet et surtout des sidemen de grandes envergures :  Petitford et Clarke, deux pointures. C’est donc un Monk plutôt heureux qui entre en studio en 1955.
Voici un artiste à qui l’on propose un nouveau terrain de jeux, en le limitant un minimum dans ses choix, car le choix des reprises est pour Riverside le moyen de prendre peu de risque de tenter un coup de poker en mélangeant ces deux figures sans trop brusquer les auditeurs.
Monk s’emploie ici à ne pas en faire trop, à reprendre un répertoire « connu », un choix de pièce qu’il a consciencement travaillé en amont. Il prend d’emblé le parti de ne pas investir un costume qu’il n’est pas le sien. Ainsi sa carrure imposante parait se contorsionné pour ne pas faire céder les coutures de ses compositions si soignées… il parvient toutefois à « faire du Monk », c'est-à-dire à « chuter » de temps à autre, il laisse tout son poids, toute son énergie ou sa tristesse pesés sur le piano pour le tendre, le torturer, lui faire sortir les tripes.
Mésestimé à sa sortie, presque boudé cet album n’est que peu écouté, peu chroniqué, peu reconnu, peu renommé…  cet album (au choix de pochette pour le moins original) ne respire ni la naphtaline, ni la prise de risque… ni la neutralité… car des décennies après cette séance on se doit de constater la force de ces reprises.  Caravan est empli d’une énergie quasi enfantine, tandis que solitude prend au cœur de par sa mélancolie. La classe mondiale de la section rythmique renforce cette impression de « créé pour durer » de l’album, cette musique s’inscrit dans le patrimoine parce qu’elle est belle et bien exécuté… un album inoxydable.


Dernière édition par Wu wei le 21.10.13 10:25, édité 3 fois

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Re: Plays Duke Ellington (1955)

Message par Blueleader le 05.06.12 23:06

Merci, je ne le connais pas du tout celui-ci.
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