Hédonisme et musique

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Hédonisme et musique

Message par LeGarsReg le 23.12.11 14:44

L'Hédonisme selon Wikipédia:
Les plaisirs de l'existence, multiples, varient selon les individus et selon leur éducation. Les penseurs hédonistes ont orienté leur vie en fonction de leurs dispositions propres, mais on retrouve des thèmes communs : l'amitié (thème cher à Épicure), la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie constituée dans la recherche constante des plaisirs (cf. Le Gorgias de Platon), un corps en bonne santé. On peut aussi trouver la noblesse d'âme, le savoir et les sciences en général, la lecture, la pratique des arts et des exercices physiques, le bien social...
Dans le même temps, les douleurs et les déplaisirs à éviter sont les relations conflictuelles et la proximité des personnes sans capacités contractuelles (sans paroles), le rabaissement et l'humiliation, la soumission à un ordre imposé, la violence, les privations et les frustrations justifiées par des fables, etc.
Ainsi, il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi). La pensée hédoniste a été fermement combattue par les principales religions monothéistes1.
Beaucoup de philosophes hédonistes, ou ayant une conception qui s'en rapprochait, ont tenu des postures athées ou agnostiques (Épicure), matérialistes (Démocrite), voire anarchiste (Michel Onfray, revendiquant la société socialiste libertaire comme la modalité politique de l'hédonisme).
D'après Onfray, l'hédonisme se résume par cette maxime de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale ».

Il faut donc se faire plaisir et faire plaisir. Faire plaisir à voir, à écouter.

Finalement un musicien est-il hédoniste par définition. Je pense que non. Ils se font tous plaisir, mais forcément dans le but de nous faire plaisir.

Pour moi Henri Texier pourrait être taxé d'hédoniste. Multiculturel "an indian's week", "Mad nomad", sa suite africaine " Carnet de routes, Suite africaine et African Flashback", il me semble sans idéologie, sans contrainte que celle de se faire plaisir et de donner du plaisir.

(v)ivre d'Henri Texier un album Hédoniste selon Julien Lefèvre Henri Texier Strada-Sextet
// Publié le 29 novembre 2004 sur CitizenJazz
http://www.citizenjazz.com/Henri-Texier ... extet.html

"En cette période de relatif assoupissement des consciences, (V)ivre sonne comme la musique de la Révolte, ou du moins comme une revendication d’exister, thème fort sartrien s’il en est. L’engagement de cette musique ne réside pas en effet dans la simple évocation des onze titres du disque mais dans l’énergie et la ferveur véhiculées par Texier et ses cinq militants. La comparaison avec le Liberation Music Orchestra paraît légitime par deux ou trois aspects, essentiellement formels : Henri Texier à la contrebasse entouré du jeune gratin français du jazz libre et des musiques improvisées, un foisonnement d’ensemble qui conduit souvent à l’ivresse sonore, des influences musicales (alter- ?) mondialistes mais que l’on situerait plutôt du coté de l’Europe de l’Est ou de l’Orient que de l’Amérique latine.

Texier père signe la majorité des pièces : « Old Dehli », la longue suite introductive de plus de dix minutes nous place immédiatement dans une ambiance festive et engagée. Les thèmes orientalisants joués à l’unisson guitare/saxophones, les roulements de caisse claire, ou le solo de Kornazov sur un motif cyclique très simple du baryton évoquent par moment le délire bachique des films de Kusturica ; Corneloup, Codjia et Marguet improvisent avec rage et passion ;Texier fils atteint un paroxysme d’inspiration et de verve sur un accompagnement mystique et inquiétant, passage évoquant un croisement du Gato Barbieri de « Escalator over the Hill » et du son klezmer de Masada. Avec ses cinq autres compositions, plus courtes, Henri Texier retrouve par moment le caractère épique de l’ouverture, en particulier le temps d’un « Blues for L.Peltier » , galvanisante marche pour les droits des amérindiens et de Leonard Peltier. De façon générale on ne peut rester qu’admiratif devant le lyrisme et l’apparente simplicité des thèmes. Que ce soit avec « Lady Bertrand », « Dance Revolt », « Decent Revolt » ou « Black March Revolt » les quelques notes bien senties ne nécessitent pas un arsenal harmonique délirant pour exhaler leur poésie, inviter au voyage, apaiser l’âme ou finalement nous convier à la danse. Le jeu de la contrebasse fait écho à la grâce des mélodies, aérien dans l’improvisation ou subtilement délicat dans l’accompagnement. Les autres musiciens amènent chacun de courts morceaux très dissipés qui viennent rompre le discours du sage Texier. On le regrettera éventuellement à une première écoute mais ces cinq touches parfois assez free ont le mérite de surprendre, de déranger et d’éviter ainsi une possible lassitude de l’auditeur : « Too late too be passive » rappellera brièvement l’esprit « Song X », le calme « Gandhi » de Manu Codjia révèle également des sonorités de guitare à la Bill Frisell sur des arrangements complexes de cuivres ; « Silent Revolt » et « Ludique Révolte » sont riches en matériau auditif, avec un passage très similaire chez Kornazov et Corneloup, à la fois déjanté par les timbres et rigoureux dans son agencement rythmique. Enfin, si Christophe Marguet ne convainc pas spécialement avec la danse crépusculaire « Light Hope », sa dynamique protéiforme anime tout le disque, tambours païens ou martiaux, chabadas vengeurs, ballets aux antipodes du mécanique, touches impressionnistes... qui disait que les batteurs français manquaient de nuances ?

La musique du Strada Sextet invite donc à l’hédonisme avec subtilité, une absence de dogmatisme idéologique ou musical, qui n’exclut en aucun cas la transe ou une simple euphorie, bien au contraire. Pas besoin d’être gris pour jouir de (V)ivre, il dissipe le givre gris et nous rend grive..."

Il y a des mouvement philosophiques que l'on connait peut, que l'on connait mal. Avant la pensée grecque il y a eu une pensée indienne, une pensée chinoise que l'on enseigne pas, peut ou mal. Cette philosophie grecque s'inspire de la philosophie indienne par des gens comme Pythagore, s'inspire de ces continents totalement oubliés. Il y a dans cette histoire de la philosophie alternative des continents oubliés, négligés, parce qu'il ne sont pas grecs, parce qu'ils ne sont pas européens.
On peut donc découvrir une histoire de la philosophie dominante et donc un philosophie dominée.
Platon est un philosophe idéaliste dominant, Démocrite est un philosophe hédoniste dominé. On parle très peu des cyniques avec Diogène, des 6 siècles des épicuriens,.
On a l'oeuvre complète de Platon et pratiquement plus rien d’Épicure dont quelques maximes retrouvées au Vatican.
Ce que l'on apprend pas a l'université c'est que Platon a voulu faire un autodafé des ouvres de Démocrite. Il voulait brûler cette philosophie matérialiste, hédoniste, atomiste.
Nul part dans l'oeuvre de Platon on entend parler de Démocrite. Il y a donc des enjeux. L'histoire est écrite par les vainqueurs. Malheur aux vaincus.
Qui est vainqueur? Platon. Pourquoi? Parce qu'il y a le christianisme qui met en avant les philosophes idéalistes, les philosophes spiritualistes. Le christianisme considère que les autres, matérialistes, hédonistes, ne sont pas des philosophes. Que dire des gnostiques? frères et soeurs du libre esprit? qui a entendu parlé de Simon le magicien? de carpocrate?
Pourtant ils sont contemporains du judéo-christianisme.

La conservation des oeuvres se fait par copies. Selon les supports de la tablette d'argile, au papyrus puis au papier, a chaque fois il va falloir recopier les oeuvres. On ne peut pas tout copier. Il faut donc choisir, selon des critères, selon ce qu'on pense être bien.
Puis il y a aussi les supports, qui vieillissent plus ou moins bien.
Directement ou indirectement le christianisme a eu une influence énorme sur ce qu'on sait de l'Histoire. La gestion du patrimoine écrit était entre ses mains.
Tout ce qu'on a hérité, tout se qu'on connait, a donc été filtré, choisi par une autorité. Cette connaissance n'est jamais remise en cause car supposé absolue.
Nous héritons donc de l'idéal chrétien, du spirituel chrétien une grande partie de nos connaissances, de nos sociétés sont influencées par cet héritage.
Ceux sont ces choix de recopies qui font qu'aujourd'hui on retrouve le christianisme, son mode de pensée, partout.
Tout se qui dérangeait, allait a l'encontre de, a été filtré pou enrichir l'inconscient collectif d'idéalisme chrétien.

Nietzsche dira dans son sublime antéchrist: para 10
"Les Allemands me comprendront sans peine si je dis que la philosophie est corrompue par le sang de théologien. Le pasteur protestant est l’aïeul de la philosophie allemande. [...]
Il suffit de prononcer le nom de la "Tubinger Stift" pour saisir tout ce que la philosophie allemande est au fond: une théologie dissimulée".

Le christianisme est inhérent a notre société. La notion de justice, de droit, d'éducation sont liées aux valeurs du christianismes.

Je pense que tant que la musique était un art dominé par le christianisme la musique était chrétienne car approuvée par l'autorité chrétienne. Sinon elle était censurée.

Qu'aurait été la musique si ces courants philosophiques n'avaient pas été oublié? Qu'aurait été la musique si la notion de plaisir n'avait été perverti par l'ascétisme?
Je pense qu'il est raisonnable de dire que la musique chrétienne, bach et autre, se base sur un idéal harmonique. De ce fait on hésite pas a dire qu'il s'agit d'une musique universelle. Pas si évident. Qu'a t-on perdu en cherchant l'idéal harmonique? énormément de choses, comme le montre Stravinski et son sacre du printemps. En utilisant tout le pupitre comme pulsation, comme base rythmique, il démontre qu'au delà de cet idéal harmonique existe une musique ou les harmoniques se créées donnant une richesse, une densité inouïe à la musique. L'idéal harmonique chrétien peut être vu comme une prison car il empêche d'explorer d'autres registres.

Peut on parler d'hédonisme dans la musique?


LeGarsReg

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Re: Hédonisme et musique

Message par Karpof le 23.12.11 15:29

sans vouloir m'étaler sur la question, ni trop intellectualiser, je pense pour moi que la musique est une forme de langage supérieur.

j'adore cette formule de Nietzsche par exemple: "Sans musique la vie serait une erreur" - rien n'est plus vrai. tongue
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