Boubacar Traoré : Maciré (1998)

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Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par Ayler le 23.02.09 15:18

Boubacar Traoré : Maciré (1998)



1. Duna Ma Yelema - 3:49
2. Baba Drame - 4:28
3. Les enfants de Pierrette - 5:36
4. Samba - 3:02
5. Bebe Bo Nadero - 4:29
6. Tunga Magni - 5:09
7. Courir un homme qui vous aime - 3:43
8. Macire - 4:46
9. Serrer la main - 4:15
10. Kalilou - 4:33
11. Solo de Kar Kar - 3:11
12. Kar Kar Madison - 5:38

En écoute sur son MySpace : Les enfants de Pierrette

Boubacar Traoré est né à Kayes, au nord-ouest du Mali, en 1942. Il grandit dans cette ville, située à 400 kilomètres de Bamako, et tout commence à la fin des années 50, à l’époque du régime socialiste de Modibo Keïta. Vers 57-58, Boubacar faisait du théâtre à Kayes, mais débute secrètement l’apprentissage de la guitare, en prenant en cachette celle de son grand frère. Celui-ci a fait huit ans d’études musicales à Cuba et ne voit pas d’un très bon œil le fait que le petit frère utilise son instrument. Le petit jeune est impressionné par le jeu de son aîné, perfectionné dans l’afro-cubain. Très tôt, Boubacar affirme qu’il ne veut « pas mourir sans connaître la musique ».
Au début des années 60, il devient tailleur-coupeur à Bamako Courra et démarre parallèlement dans un groupe de huit musiciens, les Pionniers Jazz, en compagnie desquels il multiplie les concerts. Jazz, rumba, mérengué, hula-hoop, cha-cha-cha, twist, madison, le mythique Buffet de la Gare de Bamako entend toutes sortes de musique, revisitées par l’âme malienne de Traoré.
En 1961, la Fédération Sénégal-Mali éclate et un vent d’indépendance souffle sur toute l’Afrique de l’Ouest. La radio est à l’époque un des seuls moyens de diffusion de la musique, tandis que Kar Kar compose à un rythme effréné. Son passage à Radio Mali, en 1963, dans l’émission « Les Auditeurs du Dimanche », lui confère une notoriété sans pareil : il y chante huit chansons, dont Mali Twist et Kayeba, deux exhortations à la reconstruction du pays qui vont connaître un succès foudroyant. Sa réputation va alors se répandre comme une traînée de poudre.
« Le peuple malien m’aimait. J’étais son Johnny Halliday, son James Brown, mais je n’avais même pas de quoi me payer des cigarettes ! » La musique ne nourrit pas son homme et Kar Kar mène une véritable vie de bohème. Pourtant, il est la star incontestée des grins, les petits clubs locaux, et est porté aux nues, en îcone yé-yé. 1967 marque un tournant : « la révolution culturelle a apporté beaucoup de changements, mais moins de libertés. On ne pouvait plus rester dans la rue, les filles ne pouvaient plus s’habiller comme elles le voulaient et les soirées étaient réglementées ». Il repart alors à Nioro, près de Kayes et s’y installe en tant qu’ouvrier-agricole. L’oubli de son talent et de sa notoriété se fait de plus en plus grandissant dès son retour dans sa ville natale. « J’avais un commerce, avec mon frère. Toutes sortes d’articles. De 74 à 88, je suis à Kayes. Je ne fais pas de musique. Si tu es marié et si tu as des enfants, tu ne peux pas faire de la musique, parce que tu ne gagnes pas d’argent avec. Alors je ne joue pas ». Son silence durera près de 20 ans. En 1981, son frère meurt. Le Mali tout entier rentre alors dans une confusion mémorable : tout le monde pense que c’est Kar Kar, et non son frère, qui vient de s'envoler vers de lointaines contrées célestes. Le mythe prend forme.
En 1987, des journalistes de Bamako le retrouvent, par hasard, éberlués, et il accepte de donner une interview pour la télévision, en direct : explosion du standard téléphonique de la chaîne ; « les gens me demandaient pourquoi on montrait l’image de Kar Kar qui était mort ! » L’heure de la relance, de la résurrection dans tous les sens du terme, a sonné. Il enregistre en 1989 la cassette Mariama, qui, la confusion perdurant, se vend paradoxalement assez mal. Kar Kar est un mythe vivant, Boubacar Traoré n’est qu’un chanteur malien. C’est le label anglais Stern’s Africa qui réussi la liaison entre les deux entités, et ressort ses morceaux d’anthologie sur compact disques, de Mariama à Kar Kar. La roue tourne enfin dans le bon sens, les concerts dans le monde entier s’enchaînent et Kar Kar s’installe avec toute sa famille sur un terrain proche de Bamako, récemmement acheté avec ses royalties. Manque à l’appel son frère, et surtout, Pierrette, sa femme, décédée en 1989, sans qui la vie n’a plus le même goût.
De Sécheresse à Maciré, en passant par Sa Golo, ses derniers disques sortis en Europe ont été salués avec enthousiasme par le public et la critique. Douceur létale du chant, swing tellurique et fluide des lignes de guitare, poésie du silence : jamais, depuis l’immense disque d’Ali Farka Touré et de Ry Cooder, on n’avait entendu blues plus simple et subtil, triste et serein. Si Ali Farka Touré est la réponse malienne à John Lee Hooker, Boubacar Traoré en est le Robert Johnson.
Entre déboires et malchance, tristesse et disparition précoce de proches, Kar Kar a su mener droit sa barque, en imposant définitivement au monde son blues poignant, parce que pur, intime et tellement sincère ! « Quand un homme qui était en prison depuis 30 ans devient président de l’Afrique du Sud, quand un homme qui ne faisait plus de musique depus 20 ans peut revenir à nouveau, c’est Dieu qui fait ça. Qui d’autre pourrait faire ça ? »

Pierre-Olivier Toublanc
Source : http://www.label-bleu.com/artist.php?artist_id=93

Régulièrement en concert dans l'hexagone, ne ratez pas Boubacar Traoré s'il venait à passer près de chez vous. "Maciré", qui composait il n'y a pas si longtemps une bonne partie de son répertoire, est assez représentatif de ce que l'homme peut produire sur scène : une musique simple mais nuancée, directe.
Qualifier son style de blues malien est sans doute pertinent - Boubacar Traoré reprend à son compte l'influence du blues américain ("J’ai découvert le blues grâce à mon grand frère qui était professeur de musique. Il m’a initié à la guitare et je me suis passionné pour le blues"), mais il fait sienne cette musique, ne la copie pas. S'il intègre les notes bleues du Delta, il s'écarte de la musique du Diable par un sens du rythme qui n'appartient qu'à l'Afrique.
Intimistes, nostaligiques ou joyeuses, ses compositions sont toujours servies par une voix profonde, posée, qui va à l'essentiel.

Vivement recommandé.

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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par Electric Thing le 23.02.09 16:12

J'adore la musique malienne. Boubacar bien sûr mais aussi Diely Moussa Kouyate, Salif Keita, Djelimady Tounkara, Soungalo Coulibaly, Ali Farka Touré, Moussa Diallo, Oumou Sangare...
Certainement une des musiques les plus riches d'Afrique. I love you
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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par kjp le 23.02.09 17:10

Je ne connais pas mais je serais attentif s'il passe en concert par ici.
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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par Jungleland le 23.02.09 20:22

Comme le dit Electric Thing la musique malienne est une des plus riches d'Afrique; et elle a de plus l'avantage d'être particulièrement instrumentalisée et mélodieuse donc très facile d'approche pour une oreille occidentale, contrairement à d'autres musiques africaines plus minimalistes.

Boubacar Traoré fait partie de mes préférés avec Ali Farka Touré et Toumani Diabaté

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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par eddie le 23.02.09 21:57

+1!
J'irais jusqu'a dire que Boubacar Traore est mon favori!
A voir absolument...
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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par Chino le 26.08.10 19:46

J'ai découvert Boubacar Traoré par cet album, une nuit, en écoutant la radio. Le lendemain, je l'achetais, et je dois avoir quasiment tous ses albums maintenant. Vu deux fois en concert également, et c'est toujours un bonheur. Magnifiue musicien, et cet album est génial.
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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par parisino le 14.12.11 22:44

En concert durant le mois de mars 2012

Le 29 à la Cigale pour les parisiens.

http://www.infoconcert.com/artiste/boubacar-traore-3031/concerts.html
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Re: Boubacar Traoré : Maciré (1998)

Message par Chino le 15.12.11 9:27

J'adorerais le revoir.
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